Les problématiques des multinationales de l’industrie alimentaire mondiale

Etat des lieux de l’industrie agroalimentaire

Les problématiques des multinationales de l’industrie alimentaire mondiale

25 janvier 2019 agroalimentaire 0

Xerfi Global a récemment publié une étude sur l’industrie alimentaire mondial et sur les multinationales du secteur agroalimentaire. A long terme, la croissance du secteur est essentiellement liée aux changements démographiques, au niveau de richesse et aux habitudes de consommation. Or, comme l’indique Olivier Dekokere, il y a des bonnes nouvelles sur les trois fronts : le nombre de personnes à nourrir et les moyens pour y parvenir sont en hausse, l’urbanisation croissante renforce les besoins et accès aux produits alimentaires transformés et la demande grandissante des consommateurs pour une alimentation rapide ainsi que leur plus grande disposition à payer plus pour des produits de qualité ou de niche (aliments bio ou fonctionnels), laissent également entrevoir de bonnes perspectives pour le secteur.

L’industrie agroalimentaire mondiale face à de nombreux défis

Néanmoins, plusieurs défis et incertitudes planent au-dessus de l’industrie : le ralentissement des marchés émergents principaux contributeurs à la croissance du secteur entre 2000 et 2012 est un coup dur pour l’industrie et particulièrement pour les multinationales de l’agroalimentaire qui ont fortement investi dans ces marchés. Dans les marchés matures, les opportunités offertes par la faible reprise sont compensées par une concurrence grandissante entre fabricants, nouveaux entrants souvent agressifs et distributeurs alimentaires.

Parallèlement, les modes de consommation évoluent sous l’impulsion de consommateurs de plus en plus attentifs et avisés, obligeant les industriels à s’adapter rapidement aux nouvelles tendances que les fabricants de niche et autres concurrents pourraient exploiter plus facilement.

Les recettes agrégées des fabricants alimentaires illustrent bien ces facteurs puisqu’elles ont diminué de 1,5 % en 2016. S’il est vrai que les fluctuations de change et des variations de périmètre d’activités liées aux opérations de fusions acquisitions ont en partie contribué à la baisse, cette dernière est également le résultat d’une faible croissance des ventes en volume des leaders du secteur.

Pour autant, les grands groupes alimentaires semblent bien tirer leur épingle du jeu puisqu’ils ont vu leur marge opérationnelle progresser de plus de deux points de pourcentage en moyenne sur la même période.

L’innovation comme réponse à ces nombreux défis par Olivier Dekokère

Quels sont donc les cartes jouées par les groupes alimentaires pour améliorer leur rentabilité dans cet environnement difficile ? En terme de présence géographique, tout d’abord, l’équilibre est sensible. La croissance soutenue de la demande dans les pays émergents ces dernières années a poussé les industriels à investir massivement dans ces marchés souvent en plaçant les logiques de gains de parts de marché avant les objectifs de rentabilité.

Le ralentissement récent de la demande dans ces marchés a cependant pesé sur les bénéfices et parfois même causé des pertes. Par conséquent, les opérateurs ont cherché à rééquilibrer leur présence internationale afin de renforcer leur croissance.

L’innovation, ensuite, est la clé pour récolter au mieux les nouvelles opportunités liées à l’évolution des habitudes de consommation. Alors que les consommateurs se tournent de plus en plus vers les aliments répondant à des critères de santé, de plaisir mais aussi de faciliter de consommation, les industriels leur emboîtent le pas en terme d’innovation et de développement produits afin d’éviter la banalisation de leur offre.

A cet égard, le marketing reste une des stratégies clés. Les industriels consacrent, en effet, une part importante de leur budget dépassant souvent même ceux consacrés à la recherche et au développement. Même si les géants agroalimentaires concentrent l’essentiel du pouvoir d’innovation du secteur, la valeur de leurs marques reste leur atout principal pour maintenir des prix plus élevés notamment face à la montée des marques distributeurs. Enfin, comme le précise Olivier Dekokère, le numérique est donc devenu indispensable aux stratégies des marques.

 

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